mardi 28 février 2012

Misère...

Bon. Fallait que ça arrive. J’ai souhaité que ça n’arrive plus jamais mais voilà, je suis encore tombée sur un nom de salon de coiffure avec un jeu de mots poche, en français, avec « hair » dedans. Ce non-sens doit cesser immédiatement. Ne vous méprenez pas lecteurs nombreux, j’adore les jeux de mots et les calembours poches. Je peux même rire à plusieurs reprises de la même niaiserie comme si c’était la première fois que je l’entendais. Un autre de mes super-pouvoirs qui m’aident à agrémenter le quotidien, chanceuse que je suis.  Mais dites-moi, comment ça se passe quand on décide de s’arrêter sur un nom particulier pour son commerce? Est-ce décidé d’avance qu’il y aura jeu de mots? Ou ça arrive comme un éclair en pleine nuit? Ou on y passe des heures de brainstorming avec l’équipe, et on vote pour la meilleure idée?  Faut-il laisser un peu de temps de mijotage, t’acoup qu’on trouve que finalement une fois sobre ça punche pas autant ou bien on doit enregistrer sa raison sociale sans perdre une seconde sous l'effet du foudroiement de peur que l'idée nous échappe ou que quelqu'un nous la pique dans la prochaine heure? Est-ce qu’une recherche est effectuée, juste pour vérifier si peut-être que quelqu’un quelque part n’y aurait pas déjà pensé ou aurait utilisé une variante un peu trop semblable? Bref qui aurait eu le même éclair? (écl-hair…ouahaa!). Parce que là, après L’Hair du temps, Lucifhair, Capilhair, Atmosphair, L’hair d’aller,  Récup-hair (coiffeur et brocanteur…On l’excuse? Naan),  Imagin’hair, ABC d’hair, me semble que ça va f’hair, calv’hair... Encore chanceux qu’ici on n’utilise pas « tif » dans le même contexte car la route empruntée dans ce sens n’est pas plus encourageante à mon avis. Mais justement, c’est mon avis alors chacun peut bien nommer son commerce comme il l’entend; du moment que la spécialité soit maîtrisée. Et encore, un jeu de mots, aussi poche soit-il, peut capter l’attention, faire sourire et s’imprégner dans l’esprit du consommateur potentiel, bref faire sa job. Mais un jeu de mots poche multilingue, c’est pas pousser la note un peu trop fort?

Fait que, avant d’ouvrir  votre salon on commence un petit brainstorm? C’est sérieux, là. Faut pas reprendre les mêmes erreurs. Allez allez :


- Forfait-hair (combos coupe-couleur)

- Fl’hair
- Bel-Hair Direct, satisfaction assurée 
- C’tu fais à sou’hair?
- Va t’faire vw’hair
- Y a de l’espw’hair (vraiment? ch'pense pas)
- Au diable vauv’hair
- Y a du fun à avou’hair (j'vous dis)
- Rastaquou’hair (celle-là est pour mon ami Martin; c’est de loin ma préférée)
- …

Misère, j’ai mal au cœur.  Oui, j’ai écrit misère comme y faut. Parce que vraiment, ce non-sens doit cesser.



Et vous, quels sont les jeux de mots qui vous sont restés imprégnés, pour les bonnes ou moins bonnes raisons?

samedi 23 avril 2011

Les hautes sphères (de la schnoutte)

Il m'arrive régulièrement de parcourir les sites de maisons en ligne, histoire de me tenir au courant du marché immobilier et prévoir le coup - ou plutôt me préparer à absorber le choc car je craque systématiquement pour les demeures bien au-delà de mon budget; je devrais mettre un prix maximum pour bloquer les résultats, je sais, mais je suis indomptable; c'est de même, ça date pas d'hier - bref je check ça pour quand on sera prêts à passer à l'achat.

Périodiquement, je saute la clôture et je vais zyeuter les demeures à un ou plusieurs millions, j'ai à ce jour pas encore compris pourquoi je m'inflige une telle torture parce que je trouvais ça beau chez-nous mais après ces visions je trouve ça un peu ordinaire mais voilà, ça me divertit et vous aurez sûrement déjà cerné que j'aime me divertir par des moyens un peu épais. C'est de même. Au fond j'ai de la chance hein, au moins ça, ça coûte pas cher. Mais plus je navigue dans les hautes sphères immobilières, plus je rencontre des absurdités comme des demeures valant la peau du cul un bras pis une jambe, mais avec juste une photo de l'immeuble, pris de loin, un peu tout croche, et c'est tout. Voilà. Le prix, et une photo du dehors. C'est tout ce qu'on a pour se faire une idée et semble-t-il que pour plusieurs, plus qu'on pourrait imaginer, c'est suffisant. Une perle, qu'on nous dit. Faites vite, à voir absolument.  HAN??

Certains font preuve d'un tantinet plus de respect et y vont de deux ou trois photos prises rapidement d'une pièce trop sombre, la salle de bain avec le bain tourbillon, aweille, pose le bain ça fait chic, et la salle à manger avec le lustre souvent trop imposant. Rien pour me convaincre mais si c'est 4 millions, ça doit valoir la peine hein? Je signe où?

Faut dire, le contraire s'applique aussi : des logements crades avec mille photos à l'appui, toutes plus mal cadrées les unes que les autres, un bout de mur par-ci, un coin de lit par là, la chambre des enfants avec des couleurs à enlever tout doute sur le pourquoi ils sont survoltés, les chiottes avec la poubelle pas vidée pis le panier à linge sale à côté, la tapisserie surchargée, vous avez pigé que c'est laitte mais avant que vous appelliez avec une faible lueur d'espoir laissez-nous vous montrer le sous-sol; on dirait qu'il a été bâti autour de l'appareil d'exercice mais non, on a bel et bien fait des efforts pour le rentrer là, c'est juste qu'une fois dessus on touche au plafond alors on s'en sert comme sécheur à linge; on vous le laisse en extra avec le logis, si c'est pas sympathique de notre part?!

'Fait que...On pourrait tu se forcer un ti peu? À moins de vraiment pas vouloir vendre pour cause d'attachement sentimental, je veux bien comprendre mais faudrait trancher là-dessus avant d'appeller l'agent; autrement ça prendrait un p'tit minimum d'effort, mettez-vous dans la peau de l'acheteur, faites ça marketigne un peu, tsé, avec de l'éclairage pis un setting décent. On parle quand même de gros sous, là. Que la demeure soit modeste ou somptueuse, il vaut mieux faire son gros possible pour la mettre en valeur. Ainsi, l'acheteur potentiel n'a pas l'impression de se faire niaiser et on met un max de chances de notre côté. Il semble que cette logique de base n'ait pas été saisie par un max de monde...

Le fun de faire des photos de schnoutte, on le garde pour quand on a des cossins à vendre qu'on pense pas qu'on va vendre mais qu'on les met en vente pareil sur des sites gratisses parce que c'est fou c'que le monde achète, on croirait jamais, et là ça vaut la peine de se divertir en faisant des mises en scène épaisses juste parce qu'on se trouve drôle. Pis ça coûte pas cher.


samedi 2 avril 2011

Ben oui, c'est vendredi

J'ai l'immense chance d'avoir été octroyée d'un super pouvoir à la naissance, soit celui de m'auto-motiver. Ça punche pas autant que les vrais pouvoirs de super-héros mais ça sauve néanmoins la santé mentale et ça garde de bonne humeur. Je parle donc ici de cette capacité à être consciente des choses ridicules qui se passent autour de moi et de les transformer en jeu afin d'éviter un désespoir certain. Par exemple : si vous travaillez dans une tour à bureaux, particulièrement si vous devez prendre un ascenseur, peut-être avez-vous remarqué que, chaque vendredi, ça ne rate jamais je vous le jure, une des premières choses qu'on entend en entrant dedans est "c'est vendredi". Ça foudroie, hein? Une telle affirmation, ça fait réfléchir. Ça vaut la peine de se le faire rappeller chaque foutu vendredi, au cas où on oublierait, où on ne profiterait pas de la joie brève mais intense que procure le mouvement du doigt qui met la switch du réveil à off, au cas où on se ferait un autre sandwich poche pour le midi du lendemain comme un automate, au cas où on déclinerait le party du siècle sous prétexte qu'on travaille le lendemain.

Trève de sarcasme, je dois vous dire que ça m'a fait rouler les yeux au plafond de nombreuses fois mais grâce à mon super pouvoir, j'ai transformé ça en jeu : il suffit de compter les secondes avant d'entendre son premier "c'est vendredi" et de s'accorder des points selon les variantes, par exemple "une p'tite dernière" ou "à finit bientôt", ou "une dernière pour la route". C'est pas des jokes, j'ai même entendu récemment un "TGIF" bien sonné, comme si c'était une affirmation originale. C'est du point, ça, lecteurs. Si on est vraiment crinqué, ça peut commencer le mercredi, au "nombril de la semaine" (ark?!).

On peut aussi accorder des points à la réaction suscitée, en partant du "hééé oui" en allant jusqu'au "heeeille ch'pensais jamais qu'à finirait celle-là", avec gros rires gras à l'appui.

Ces gens détestent-ils autant leur job? Ou essaient-ils de meubler un silence qui leur pèse plus lourd qu'il le devrait de façon peu originale?

Ce type de jeu se décline aussi dans plusieurs situations, par exemple la tempête de neige : Combien de temps avant d'entendre le premier "c'est l'enfer"? Ou "Ça m'a pris...(X temps) pour me rendre" (plus de temps, plus de points!). Y a du fun à avoir, j'vous dis.

Je crois qu'on sous-estime le silence dans bien des cas. Pour ma part, je préfère fixer les pitons de l'ascenseur en souriant bêtement plutôt que de débiter des platitudes réchauffées. Ou me sentir complètement wild et sortir des sentiers battus en demandant "c'est un café ou un thé que t'as là?" (je suis folle, je sais!).

Je rigole, et il le faut bien car je crois que toutes ces mentions réchauffées n'ont finalement pas de malice. Ça énerve mais au fond il s'agit d'une tentative de rapprochement et je dois avouer qu'en quelques secondes, ça ne laisse pas énormément d'options et c'est trop peu de temps pour aller au fin fond des sujets les plus palpitants.

Et vous lecteurs nombreux, quels sont les clichés de votre réalité qui vous rapporteraient plusieurs points? Vous avez des idées pour un pied-de-nez aux conversations surfaites?

dimanche 13 mars 2011

Araignées et autres conneries avalées

Je sais pas si c'est comme ça pour vous aussi lecteurs nombreux, mais chaque fois qu'on parle d'araignées, peu importe la tournure de la conversation - anecdotes, faits scientifiques, étalage de l'ampleur de la phobie, etc - il y a toujours quelqu'un qui va ploguer LE fait, oui oui c'est vrai, "Saviez-vous que dans une vie, il parait qu'on bouffe (X nombre) d'araignées pendant qu'on dort?", toujours plus tôt que tard dans la conversation, en pensant nous apprendre un énoncé-choc, comme si on l'avait jamais entendu avant. J'en reviens pas chaque fois. Lâchez-moi avec cet énoncé à la noix! Posez-vous des questions, bonyeu d'bonyeu! Alors ça vient d'où cet énoncé au juste? "C'est vrai pour vrai" qu'on me répond. Ah oui? "C'est ce qu'on dit". Qui ça on? Plus on creuse la question, plus flou ça devient. Mais généralement, ceux qui ploguent ce type d'énoncé savent, point à la ligne. On discute pas avec la science infuse.

C'est peut-être générationnel mais je vous dis que cette légende urbaine a tissé une grande toile bien solide car ça commence à faire pas mal d'années qu'on me la plogue de tous bords tous côtés. Et ça me fascine (et me désespère) de constater la facilité de propagation de ce genre de fait loufoque. Pourquoi on ne se pose pas plus de questions quant à la validité d'une telle information? Pourquoi on ne cherche pas à en connaître la source, en se contentant de ce qu'"on" dit? Come on, avec un minimum de moyens intellectuels et technologiques, il est facile de 1) réfléchir 2) vérifier. Ça demande un p'tit effort mais ça évitera 1) des yeux dangereusement attirés vers le plafond quand on énonce un tel fait 2) la propagation d'absurdités. Des sites se spécialisent dans la liste de canulars connus, sur internet ou pas. On ne trouve rien à propos du dernier courriel reçu? Vous savez, celui qu'il vaudrait mieux transférer à tous vos contacts si vous tenez vraiment à eux? Et si on faisait confiance à son jugement?

Je suppose qu'il est dans la nature humaine de propager des faits divertissants mais j'aimerais croire qu'avec internet, même s'il est plus facile de transmettre canulars, légendes urbaines, hoax et autres mythes rapidement, il est également plus facile d'en vérifier la véracité.

Passez ces infos à tous vos amis si vous tenez vraiment à eux.

dimanche 20 février 2011

La joie par les épices et le caramel

La gourmandise, c'est mon péché préféré. J'aime tout, à quelques cervelles de veau et langues de porc près. Ark. Juste de l'écrire ma face se distortionne. Mais j'ai un faible pour tout ce qui contient des épices de type clou de girofle et cannelle. À cet effet, j'ai récemment fait le caramel à la fleur de sel (je souris à nouveau, là) aromatisé au clou de girofle. J'ai vu ça à l'émission de Bégin et me suis dit que ça pouvait pas être raté, en plus que j'aime particulièrement les recettes avec le moins de paragraphes possible. Et le caramel. Ça m'a charmé, inutile de vous dire. En fait, c'était pas à la fleur de sel au départ mais j'en ai ajouté pour le fun. MMMM!!! De la joie que j'ai passé à la cuiller en trop peu de temps. C'est dangereux ces recettes-là. C'est trop simple pour tant de bonheur. Genre qu'y faut pas trop s'ennuyer un dimanche après-midi parce que c'est facile de se sortir un chaudron vite fait.

Mais v'là ti pas que dans Châtelaine je lis que ça peut être encore plus facile, qu'on a déjà mis en pot une de ces merveilles parmi les merveilles et que je n'ai qu'à passer au Marché en chercher. Tiens donc, c'est justement sur mon chemin....Et comme je n'ai pas la résistance facile non plus face aux arômes floraux comme la fleur d'oranger (merci, Ryad au Marché Jean-Talon!) et l'eau de rose, ils ont fait une série limitée à la rose et cardamome. Série limitée comme dans grouille-toé, y'en restera pu dans pas long. Enfin moi j'le prends de même, et r'gardez-moi bien pas perdre de temps.

En tout cas si j'ai l'objectif de fitter dans mon maillot de bain l'été prochain, c'est rien pour m'aider tout ça. Mais c'pas grave, je passe mes vacances en Gaspésie et l'eau est ben trop frette à mon goût pour se baigner! ;)

dimanche 13 février 2011

La grande portée des petites choses

Ouin, bon, vous allez trouver que c'est redondant mon affaire car je parle encore des anniversaires. C'est que ça fait deux samedis d'affilée que surgissent des réflexions à ce sujet. Et hier, c'était le mien. Non, ne me demandez pas comment on se sent avec une année de plus; c'est surfait et vraiment overrated comme question. Surtout quand on ne se met pas de barrière psychologique relative à l'âge - par exemple les chiffres ronds ou mi-ronds - donc non, rien ne se passe à minuit. On se sent pareil; on a juste plus d'attention ce jour-là et on savoure ça pleinement. Je dis on, mais je parle pour moi car je sais que certains ne veulent pas entendre parler de leur anniversaire, ce comportement étant habituellement lié au badtrip de l'âge. Je le vivrai peut-être ce badtrip, qui sait, je suis encore une p'tite jeunesse - héhé! - mais j'espère sincèrement que non. J'ai de beaux exemples devant moi et je vais m'en inspirer autant que possible.

Donc voilà, j'ai eu une journée fabuleuse; tous ces messages gentils, quelques appels et Steve qui s'est donné à fond pour me faire passer une journée spéciale. Il fait ça régulièrement, chanceuse que je suis, mais hier il fallait que ce soit spécialement spécial. Car oui, ce qu'on fête ce jour-là, c'est l'anniversaire de naissance - donc de l'existence de cette personne - et c'est ça qu'il faut rendre spécial, non? Pas les années qui passent. C'est ça qui fait que chaque appel et chaque message reçu me touche sincèrement. Et c'est pourquoi je tiens à souligner le jour spécial des autres. Tout particulièrement la ligne au premier niveau, bref mes proches les plus proches. Quiconque me connait bien sait que je ne raterai pour rien au monde la fête de ceux que j'aime. Que je serai là sans faute même si oui, c'est vrai, il y en aura d'autres à la même date les années suivantes. Et souvent je n'apporte même pas de cadeau. Vous avez bien lu, dans notre époque de surconsommation il m'arrive d'arriver les mains vides. Car si je n'ai rien trouvé d'approprié, je n'acheterai pas un cossin juste parce qu'il le faut, parce que c'est écrit dans le Grand Livre du Comportement Social. Je ne m'accorderai pas autant d'importance à dire que ma présence est un cadeau en soi, on reste modeste quand même, mais bon je m'arrange pour passer un bon moment, faire la bouffe, être ensemble et avoir du fun, peu importe la forme que ça prend. Ça peut aussi être juste un tout petit message, un appel, un email, un texto, pour dire "coucou, je pense à toi pour ton jour spécial". J'en ai reçu plein comme ça hier, je suis chanceuse je vous dis, et c'est fou c'que ça fait chaud au coeur. Même sur facebook ça fait plaisir pour vrai, qu'on me dise pas le contraire. C'est la pensée qui compte, même si elle n'a duré que 10 secondes le temps d'écrire bonne fête.

Peut-être que je ressens les choses de façon trop intense, ça se pourrait tsé, j'ai tendance à ça. Mais la vie est constituée de petites choses et il fait bon en prendre conscience, surtout quand ça procure de bons sentiments. Je conseille donc de vous mettre un rappel, une note, un bip, un pop-up, whatever, le jour de la fête des gens qui vous importent. Les outils ne manquent pas de nos jours pour se souvenir de donner un coup de fil, d'envoyer un email, un texto, un facebook, un tweet, n'importe quoi. La portée d'un petit message spécial un jour spécial à une personne spéciale est plus grande qu'on pourrait le croire.

J'ai maintenant fait le tour de la question, je crois. À moins que vous n'ayez quelque chose à ajouter?

samedi 12 février 2011

Ça végète fort

J'ai pas le pouce vert mais j'ai le coeur tendre semble-t-il. Je suis entourée de plantes en phase terminale et je n'arrive pas à m'en défaire. Ça te scrappe un décor mais que voulez-vous, c'est vivant et j'me sens mal de jeter quelque chose de vivant, aussi amoché soit-il. Ça donne donc que, au beau milieu du salon trône une table avec deux pots qui contiennent les restes de ce qui a déjà été de jolies petites plantes en fleurs. Il n'en reste que quelques ridicules broutilles avec des feuilles qui restent accrochées par je-ne-sais trop quel miracle mais ont l'air tellement blasées qu'on se sent mal pour elles. Je jette un coup d'oeil de temps en temps pour constater qu'elles s'accrochent à la vie mais je ne comprends pas trop leur motivation, depuis le temps que ça dure. On ne s'attarde pas trop longtemps à cette scène désolante qui rappelle un respirateur artificiel et le malaise qui s'y rattache; on détourne assez vite le regard. Steve est optimiste et a installé des tuteurs en y croyant ben fort. C'est quasiment une joke; les tiges sont évachées autour l'air de dire "bôôfffff, à quoi bon" et ne veulent rien savoir d'y grimper.

Et que dire du poinsettia au bureau? Magnifique, coloré et touffu il n'y a vraiment pas si longtemps, voyez ce qu'il en reste. C'est ti pas triste ça? Pourtant je l'arrose mais il m'envoie promener en retour. Le bout de fleur qui reste rit de moi on dirait. Un collègue m'a suggéré de l'arroser avec du café, t'acoup que ça marcherait vu que ça en fouette quelques-uns d'entre-nous mais ch'pas sûre...

Fait que...J'fais quoi avec ça? Ça se pourrait tu qu'il y ait un revirement de situation? Que je regrette mes idées d'assistance au suicide alors qu'il ne s'agissait que d'un genre de crise d'ado végétale, parce que moi aussi à une certaine époque j'me disais "pffff....quossa donne de s'forcer" mais j'ai fini par me redresser, prendre goût à la vie et avoir de l'ambition. Peut-être que bientôt, en admirant les fleurs, je me dirai que j'ai bien fait d'être persévérante et que j'ai bien failli tuer une si belle créature, quelle bêtise. Sauf qu'en attendant, ça me scrappe le décor solide. Vous avez des suggestions, lecteurs nombreux?