samedi 12 février 2011

Ça végète fort

J'ai pas le pouce vert mais j'ai le coeur tendre semble-t-il. Je suis entourée de plantes en phase terminale et je n'arrive pas à m'en défaire. Ça te scrappe un décor mais que voulez-vous, c'est vivant et j'me sens mal de jeter quelque chose de vivant, aussi amoché soit-il. Ça donne donc que, au beau milieu du salon trône une table avec deux pots qui contiennent les restes de ce qui a déjà été de jolies petites plantes en fleurs. Il n'en reste que quelques ridicules broutilles avec des feuilles qui restent accrochées par je-ne-sais trop quel miracle mais ont l'air tellement blasées qu'on se sent mal pour elles. Je jette un coup d'oeil de temps en temps pour constater qu'elles s'accrochent à la vie mais je ne comprends pas trop leur motivation, depuis le temps que ça dure. On ne s'attarde pas trop longtemps à cette scène désolante qui rappelle un respirateur artificiel et le malaise qui s'y rattache; on détourne assez vite le regard. Steve est optimiste et a installé des tuteurs en y croyant ben fort. C'est quasiment une joke; les tiges sont évachées autour l'air de dire "bôôfffff, à quoi bon" et ne veulent rien savoir d'y grimper.

Et que dire du poinsettia au bureau? Magnifique, coloré et touffu il n'y a vraiment pas si longtemps, voyez ce qu'il en reste. C'est ti pas triste ça? Pourtant je l'arrose mais il m'envoie promener en retour. Le bout de fleur qui reste rit de moi on dirait. Un collègue m'a suggéré de l'arroser avec du café, t'acoup que ça marcherait vu que ça en fouette quelques-uns d'entre-nous mais ch'pas sûre...

Fait que...J'fais quoi avec ça? Ça se pourrait tu qu'il y ait un revirement de situation? Que je regrette mes idées d'assistance au suicide alors qu'il ne s'agissait que d'un genre de crise d'ado végétale, parce que moi aussi à une certaine époque j'me disais "pffff....quossa donne de s'forcer" mais j'ai fini par me redresser, prendre goût à la vie et avoir de l'ambition. Peut-être que bientôt, en admirant les fleurs, je me dirai que j'ai bien fait d'être persévérante et que j'ai bien failli tuer une si belle créature, quelle bêtise. Sauf qu'en attendant, ça me scrappe le décor solide. Vous avez des suggestions, lecteurs nombreux?

2 commentaires:

  1. J'adore lire ces récits tous aussi originaux et drôles les uns des autres. Le ton est unique et l'auteure est de toute évidence remplie de talent. Je suis biaisée, me direz-vous, 'lecteurs nombreux' car je suis la fière mère... de cette douée pour l'écriture bien spéciale.
    Ma chère Christine, enweille, donnes-y ça, on en veut encore et encore.
    Maman

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  2. Hahaha! Maman, tu sais ce qu'on dit à propos de la pomme et de l'arbre! J'ai eu une bonne école, mettons. Sauf peut-être pour l'horticulture... :)

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